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Lucile CORROTTE-STUDER

A la rencontre d’une artiste…

Je connais Lucile car nous vivons à quelques kilomètres l’une de l’autre et avons été amenées à nous rencontrer à diverses occasions, de plus, sa fille et ma sœur sont amies de longues dates.
Je sais que Lucile est sculpteur et je connais ses œuvres mais je dois avouer que je n’avais jamais pris le temps d’en parler avec elle en détail. L’occasion vient de m’en être donnée car je dois écrire un article sur les artistes de la commune qui paraîtra prochainement sur le site Internet de Laissey, et Lucile a répondu tout de suite OK.



» Ses autres réalisations «

Nous sommes assises dans son salon, autour de la table, et je commence mon interview. Bien évidemment tout autour de nous sont là, comme des amis, des sculptures de Lucile mais aussi des sculptures d’autres artistes et des tableaux, beaucoup de tableaux.

Lucile aime l’art depuis toujours mais ne pratique la sculpture que depuis 1992. Elle s’est essayée à la peinture en faisant des aquarelles mais elle s’est trouvée restreinte dans l’expression à travers la peinture. Puis un jour, alors qu’elle est infirmière en pédopsychiatrie, elle demande un stage de formation « stage de terre » à Dijon. Là elle découvre une matière, l’argile et tout ce qu’elle peut apporter de liberté dans l’expression. Elle apprend quelques techniques de base : modelage, séchage cuisson, patines, mais le plus important c’est la découverte du matériau « terre » qui semble lui ouvrir les portes de la création.
Ce stage est l’effet déclencheur de son œuvre, elle s’est enfin trouvée artistiquement, et ressent maintenant cette liberté d’expression qu’elle recherchait.
Elle va aménager un atelier chez elle pour se lancer dans la création, en même temps qu’elle va monter un « atelier terre » à l’hôpital pour en faire un lieu d’expression pour les enfants.
Il ne reste plus qu’à trouver la terre qui lui convient le mieux et son choix se portera sur la terre chamottée (mélange d’argile et de terre sèche cuite concassée) qui apporte un maintien plus important et un grain qui plait plus à l’œil et au toucher de Lucile que les autres terres. Elle va jusque dans le Vaucluse pour la chercher.
Ca y est, elle se lance. Elle fait des grandes sculptures qu’elle évide afin que l’air circule et qu’elles n’éclatent pas à la cuisson. Alors elle s’attèle à la construction de son propre four, dans un fût qu’elle isole avec de la fibre céramique, elle rajoute un brûleur et une bouteille de propane, et elle peut commencer ses 12 heures de cuisson.
A chaque obstacle rencontré Lucile trouve la solution afin de mener à bien son œuvre. Elle apprend tous les jours un peu plus avec ce matériau presque vivant et exigeant.

Je lui pose la question banale : quels sont ses thèmes favoris ? Elle me répond qu’elle n’aime faire que des personnages, puisant son inspiration dans son entourage, son quotidien, mais aussi dans les émotions qu’elle ressent par rapport à l’actualité mondiale.
Je pourrai écrire et écrire encore beaucoup sur ces deux heures passées ensemble à discuter, à visiter l’atelier où Lucile prépare la prochaine exposition de Novil’Arts, (et je dois dire que j’ai eu la primeur des œuvres qu’elle va exposer et je vous invite vivement à aller les admirer) ; à regarder les photos des anciennes sculptures, mais le mieux c’est de la rencontrer pour constater que Lucile a ce regard de l’artiste toujours brillant plein de tendresse et surtout de sensibilité qui fait que lorsqu’elle vous regarde on espère qu’elle nous imagine en sculpture. Elle va refaire une exposition dans son jardin fin juin comme elle l’avait fait il y a quelques années. Les dates seront sur le site de la Commune. Allez vous aussi à la rencontre de cette grande artiste.

Que ce qui te nourrit, Lucile, continue de grandir et de se développer afin que tu puisses nous offrir encore et toujours des œuvres toutes plus belles les unes que les autres.
Je terminerai en disant que l’art est très subjectif et que l’on ne peut pas tout aimer, mais en ce qui concerne les œuvres de Lucile : que l’on aime ou que l’on n’aime pas ses sculptures, elles ne laissent jamais indifférent et c’est à ça que l’on reconnaît un Artiste de Talent avec un A et T majuscules.

Sandrine MEYER, Février 2007.